Essentiel : un ciel vert a été observé sur Mars, révélant que la planète rouge peut briller la nuit par deux mécanismes distincts — des aurores liées à des particules solaires et un nightglow photochimique — et ces observations relancent de nombreuses interrogations pour l’exploration scientifique et l’astrobiologie.
Depuis 2023–2024, des instruments en orbite et le rover Perseverance ont montré que l’atmosphère martienne n’est pas seulement active dans l’ultraviolet : elle émet aussi dans le visible, offrant des opportunités d’observation spatiale plus simples et moins coûteuses. Anaïs, planétologue fictive de l’équipe d’observation, suit ces phénomènes comme on guetterait un signal : chaque aurore ou lueur nocturne livre un fragment du puzzle martien.
- En bref :
- Observation visible : première aurore photographiée en lumière visible depuis la surface (Perseverance, mars 2024).
- Deux phénomènes : aurores (particules énergétiques) et nightglow (réactions photochimiques).
- Implication pratique : instruments visibles plus légers pour étudier l’atmosphère martienne.
- Perspectives : futurs astronautes pourraient voir un ciel vert au-dessus des pôles.
Un ciel vert sur Mars : quelle observation spatiale a bouleversé les certitudes ?
La découverte la plus marquante est simple à formuler : une faible lueur verdâtre a été captée depuis la surface de Mars par le rover Perseverance lors d’un épisode d’activité solaire en mars 2024. Cette image est la première au monde montrant une aurore depuis le sol d’une autre planète.
Ce phénomène lumineux prouve que même une atmosphère ténue comme celle de Mars peut produire des émissions visibles, à condition d’être stimulée par une forte activité solaire. Anaïs, qui coordonne les séquences de prise de vue, explique que la tactique consiste à anticiper les éruptions solaires pour pointer les caméras au bon moment.

Aurores vs nightglow : deux recettes différentes pour un même ciel vert
Il faut garder en tête que les aurores et le nightglow ont des causes très différentes. Les aurores proviennent d’électrons et protons solaires qui frappent l’atmosphère, excitant des atomes d’oxygène ou des molécules ionisées; la désexcitation produit des raies caractéristiques, dont la fameuse ligne verte à 557 nm.
Le nightglow, lui, est une affaire photochimique : le CO2 est dissocié côté jour, l’oxygène atomique est transporté vers la nuit polaire où il se recombine en O2 excité, puis émet une lumière régulière et étendue. Ainsi, une même teinte verte peut recouvrir Mars pour des raisons totalement distinctes.

Que nous apprennent ces lueurs sur l’atmosphère martienne ?
Ces émissions sont des sondes naturelles de la composition et de la dynamique de l’atmosphère martienne. Les aurores indiquent où et comment le vent solaire injecte de l’énergie, tandis que le nightglow renseigne sur les déplacements de masse d’air liés aux saisons.
Par exemple, les aurores détectées en UV par SPICAM, MAVEN et EMUS montrent que des champs magnétiques locaux dans la croûte redirigent les particules. À l’inverse, le nightglow, observé dans l’infrarouge puis dans le visible, révèle la circulation été–hiver qui transporte l’oxygène vers le pôle nocturne.
- Ce que mesurent les émissions : composition (O, CO, CO2+), altitude de formation, variabilité temporelle.
- Ce qu’elles disent sur Mars : présence de champs magnétiques résiduels, transfert saisonnier de gaz, sensibilité aux tempêtes solaires.
- Pourquoi c’est utile : guide pour concevoir des instruments plus légers en visible et planifier des missions habitées.

Observations depuis l’orbite et depuis la surface : complémentarité et surprises
Les orbiteurs comme MAVEN, MRO et Emirates Mars Mission ont cartographié des émissions UV et IR pendant des années. Mais la confirmation en visible a changé la donne : on peut maintenant imaginer capteurs plus simples à bord d’orbiteurs et de rovers.
Anaïs raconte une anecdote : lors d’un passage orbital coordonné avec une tempête solaire, l’équipe a comparé images orbite vs surface et découvert que certaines aurores diffuses apparaissent beaucoup plus bas que prévu. Ces surprises obligent à repenser modèles et altitudes d’observation.

Impact pour l’exploration scientifique et l’astrobiologie
Ces phénomènes relancent des interrogations concrètes : comment l’énergie solaire modifie l’épaisseur locale de l’atmosphère ? Quels effets sur la perte d’atmosphère à long terme ? Et, plus délicat pour l’astrobiologie, les processus photochimiques influencent-ils la chimie de surface et la formation de molécules prébiotiques ?
La présence d’un ciel vert visible facilitera aussi le suivi des événements solaires par des instruments bon marché, ce qui est un atout pour la planification des missions habitées. En bref, chaque aurore observée est une donnée sur l’histoire et la capacité de Mars à interagir avec son étoile.

Vers de nouvelles missions : la caméra M-AC et au-delà
Des équipes proposent aujourd’hui des caméras dédiées au visible, comme la M-AC envisagée pour la mission M-MATISSE, capable de filmer les émissions autour de 557 nm avec une sensibilité inédite. Si elle est sélectionnée, son lancement est envisagé vers 2037.
Ces instruments permettraient d’obtenir des vidéos haute résolution des aurores et du nightglow, renforçant notre capacité à prévoir l’environnement radiatif pour des astronautes. Anaïs imagine déjà des images qui serviront aux briefings avant sortie extravéhiculaire sur Mars.
Pour mieux visualiser ces phénomènes et produire matériaux pédagogiques ou artistiques, certains laboratoires utilisent aussi des outils d’imagerie assistée par IA — on peut comparer ces approches à des alternatives gratuites à Midjourney pour générer des rendus et tests visuels.
Qu’est-ce que cela change pour les futurs observateurs et astronautes ?
En pratique, les futurs astronautes stationnés en orbite ou à la surface pourraient voir un ciel vert assez nettement au-dessus des pôles en nuit claire. Le nightglow, stable et étendu, serait facile à repérer; les aurores, plus fugaces, demanderaient une veille ciblée.
Cela modifie la manière de préparer les missions : plan d’observation coordonné, capteurs optiques dans le visible et procédures de sécurité radiative lors des épisodes SEP. C’est un changement opérationnel autant que scientifique.

- Checklist pour une observation martienne réussie :
- Surveiller l’activité solaire et prévoir les fenêtres SEP.
- Programmer caméras en visible avec filtres autour de 557 nm.
- Combiner données orbite + surface pour altitude et intensité.
- Tenir compte de la poussière martienne qui réduit la visibilité.
Pour replacer ces découvertes dans un contexte terrestre et populaire, on peut rapprocher l’intérêt médiatique des aurores terrestres (par exemple des aurores boréales observées en France) et l’émergence d’images fortes qui captivent le public.
Qu’est-ce qui cause la couleur verte des aurores sur Mars ?
La couleur verte provient principalement d’émissions liées à l’oxygène atomique. Des particules solaires excitent ces atomes, qui émettent à une longueur d’onde proche de 557 nm lorsqu’ils se désexcitent.
Nightglow et aurore : comment les distinguer lors d’une observation ?
Le nightglow est homogène, stable et lié à des processus photochimiques saisonniers, souvent centré sur les pôles. Les aurores sont ponctuelles, liées à des événements solaires et apparaissent souvent en arcs ou en bandes plus localisées.
Ces lueurs peuvent-elles être vues à l’œil nu depuis Mars ?
Oui, le nightglow polaire pourrait être observable à l’œil nu dans de bonnes conditions. Certaines aurores plus intenses, déclenchées par des tempêtes solaires puissantes, pourraient également être visibles sans instrument.
Quelles missions suivent ces phénomènes aujourd’hui ?
Plusieurs missions participent à l’étude : MAVEN et MRO pour la NASA, Mars Express pour l’ESA, la mission émiratie Emirates Mars Mission, et le rover Perseverance pour les observations de surface.

