Idée essentielle : la recherche de la photo parfaite peut tuer — et le tragique destin de Natálie Štíchová, une jeune femme gymnaste de 23 ans qui a fait une chute de 70 mètres en tentant un selfie devant le château de Neuschwanstein, le rappelle cruellement. Cet accident met en lumière la tension entre désir de partage sur Instagram, pression sociale et manque de sécurité sur des sites à height dangereux.
En bref :
- Qui : Natálie Štíchová, gymnaste tchèque de 23 ans.
- Quoi : chute mortelle d’environ 70 mètres lors d’un selfie.
- Quand : incident survenu le 15 août, décès survenu après six jours à l’hôpital.
- Pourquoi : terrain instable ou glissade — les témoignages restent imprécis.
- Enjeux : hausse des accidents liés aux selfies, besoin d’éducation, d’équipements et de régulations.
Le drame au château de Neuschwanstein : récit et éléments clés du selfie mortel
Le 15 août, lors d’une randonnée autour du célèbre château de Neuschwanstein en Bavière, Natálie Štíchová s’est approchée du bord d’une falaise pour prendre une image spectaculaire. Ce qui devait être une photo pour ses abonnés sur Instagram a tourné au pire : elle a fait une chute d’environ 70 mètres.
Les témoins présents ne s’accordent pas totalement sur les détails — certains évoquent une glissade, d’autres un affaissement du terrain. Natálie a survécu à l’impact initial mais a présenté des lésions cérébrales irréversibles. Après six jours en soins intensifs, elle est décédée des suites de ses blessures.

Ce cas illustre comment même des personnes expérimentées en activités verticales peuvent être victimes d’un accident quand la recherche du cadrage parfait rencontre un environnement instable. Insight : la seule expérience n’annule pas le risque, la prudence reste indispensable.
Qui était Natálie Štíchová et quelle image projetait-elle ?
Natálie était une gymnaste reconnue en République tchèque, habituée des défis physiques et des images spectaculaires. Sur Instagram, elle partageait des photos à haute height qui inspiraient et impressionnaient ses milliers d’abonnés.
Sa trajectoire montre comment l’audience et le renforcement social modifient les comportements : plus l’engagement augmente, plus la tentation d’aller plus loin visuellement devient forte. Insight : l’influence numérique peut pousser à surestimer sa marge de sécurité.
Selfies dangereux : chiffres, tendances et contextes
Les données rassemblées entre 2008 et 2021 font apparaître environ 379 décès liés aux selfies. Près de la moitié de ces morts (environ 49,9%) sont dues à des chutes de hauteur, suivies par des accidents de transport et des noyades.
L’âge moyen des victimes est bas (vers 24 ans), et les voyageurs représentent plus d’un tiers des cas. Des événements récents — comme une chute collective causée par un spectateur lors du Tour de France en 2023 — montrent que le phénomène n’est pas isolé et continue de provoquer des accidents graves.

Les chercheurs proposent de traiter ces comportements comme un enjeu de santé publique plutôt que de se moquer des victimes. Insight : comprendre les chiffres, c’est créer des réponses adaptées (éducation, zones sécurisées, régulation).
Pourquoi les hauteurs sont-elles si dangereuses pour les amateurs de photos ?
Trois facteurs se combinent souvent : l’illusion de contrôle (conviction d’être capable), la distraction cognitive (se concentrer sur l’écran plutôt que le sol) et l’instabilité du terrain (roches friables, bords non protégés).
Concrètement, une seconde d’inattention suffit : l’angle de prise, un éclairage trompeur ou une faille sous les chaussures peuvent transformer un cliché en accident mortel. Insight : la vigilance doit primer sur l’esthétique quand la hauteur est en jeu.
Mesures possibles : régulation, prévention et rôle des sites touristiques
Face à ces risques, certaines villes ont adopté des mesures : interdictions ponctuelles (Portofino), zones interdites aux selfies (Mumbai) ou lois encadrant les interactions avec la faune (New York). Ces initiatives montrent qu’on peut limiter les accidents sans supprimer le partage d’images.
Pour les sites naturels sensibles, la combinaison de panneaux clairs, barrières physiques et zones sécurisées pour photos réduit notablement l’incidence des incidents. Les rangers du Grand Canyon ont longtemps alerté sur les conséquences mortelles des prises de risque près des falaises.

La réglementation seule n’est pas suffisante : elle doit s’accompagner d’éducation et d’une communication qui n’humilie pas mais protège. Insight : aménager l’espace et informer change les comportements plus efficacement que la stigmatisation.
Conseils pratiques pour réduire le risque d’accident lors d’une prise de vue
Quelques règles simples, appliquées systématiquement, peuvent faire la différence. Voici une liste d’actions concrètes à adopter avant de chercher la photo parfaite :
- Vérifier le terrain : ne pas se tenir sur des berges instables ou du sol friable.
- Ne jamais s’écarter des balustrades : les barrières existent pour une raison.
- Informer une personne : partagez votre localisation exacte et votre itinéraire avec quelqu’un.
- Utiliser un équipement adapté : chaussures adhérentes, cordes ou harnais si nécessaire.
- Limiter la distraction : préparer le cadrage avant de s’approcher du bord, utiliser un retardateur si besoin.
- Évaluer la pression sociale : résister à l’envie d’« enchaîner » pour des likes sur Instagram.
Ces mesures sont simples, mais elles sauvent des vies quand elles deviennent des habitudes. Insight : la sécurité se pratique avant tout par la routine et la préparation.

Rôle des influenceurs et des communautés : responsabilité et influence
Les créateurs de contenu ont une responsabilité non seulement morale mais pratique. Quand une personnalité publie des photos dangereuses sans avertissement, elle normalise le risque auprès d’abonnés souvent jeunes.
Des campagnes de sensibilisation, des partenariats avec parcs nationaux et la mention systématique des précautions peuvent inverser la tendance. Les influenceurs peuvent promouvoir des « spots sûrs » et montrer l’usage de matériel de sécurité.

Si la communauté change ses normes de publication, le désir de prendre des risques pour un like diminue. Insight : la culture visuelle se transforme quand les leaders montrent l’exemple.
Quelles sont les premières choses à faire si quelqu’un est victime d’une chute en pleine nature ?
Alerter immédiatement les secours locaux (numéro d’urgence), ne pas déplacer la victime sauf danger immédiat, sécuriser la zone pour éviter d’autres chutes et donner des informations précises sur la localisation aux secours.
Les sites touristiques peuvent-ils interdire totalement les selfies ?
Certains lieux peuvent instaurer des interdictions partielles ou des ‘no-selfie zones’ pour des raisons de sécurité ou d’affluence. Mais l’efficacité vient souvent d’un mix entre signalétique, barrières physiques et campagnes d’éducation plutôt que d’interdictions totales.
Comment parler aux jeunes sportifs de la prise de risques liés aux photos ?
Adopter un ton pédagogique et non moralisateur : expliquer les conséquences concrètes, partager témoignages et données, proposer alternatives sécurisées et encourager l’utilisation d’équipements. Les récits personnels, comme celui de Natálie, aident à ancrer la leçon.
Les statistiques sur les décès liés aux selfies sont-elles fiables ?
Elles donnent une tendance inquiétante, mais les chercheurs estiment que ces chiffres sont probablement sous-estimés, car les causes de décès sont rarement codées spécifiquement comme ‘suivies d’un selfie’. Reconnaître cette limite incite à renforcer la surveillance et la prévention.

